Jean Maire vient de disparaître à l’âge de 91 ans. Il fut 1er Secrétaire de la Fédération du Val d’Oise de 1975 à 1979.
Jean Maire était ouvrier chez Peugeot au pays de Montbéliard lorsqu’il devient responsable syndical à la CFTC (de l’époque) devenue CFDT en 1964, évolution dont il fut un ardent défenseur.
L’organisation syndicale lui demanda de « monter » à Paris pour être permanent à la Fédération de la métallurgie. Il est ainsi venu habiter avec sa famille à Soisy sous Montmorency.
Il fut Secrétaire général de cette fédération de 1961 à 1971 et fut l’un des négociateurs des accords de Grenelle en 1968.
Son engagement politique fut d’abord à la Convention des Institutions Républicaines de François Mitterrand puis au PS.
En 1975, lors du congrès de Pau, il devient Premier secrétaire de notre fédération.
Le PS est alors assez faible ; à gauche le PCF dominait largement et Villiers-le-Bel était la seule ville dirigée par un socialiste.
En 1976, il organisa la bataille pour les cantonales, tt bien que n’ai pas retrouvé les cantons gagnés, je garde en mémoire celui de Domont qui fut la première victoire politique à laquelle j’ai participée.
En 1977, ce furent les premières villes conquises en nombre par les Socialistes : Boisemont, Bouffémont, Courdimanche, Domont, Ecouen, Menucourt, Montreuil-sur-Epte, Saint-Gratien, Saint-Ouen-l’Aumône, Survilliers, Taverny.
Le PCF dirigeait alors 21 villes dont les plus grandes.
En 1978, Alain Richard fut le premier député socialiste élu à l’Assemblée.
Jean Maire fut remplacé en 1979 par Michel Jaurrey.
Je garde de Jean Maire le souvenir d’un homme de droiture, de rigueur, de fermeté. Il était resté le « métallo syndicaliste ».
Michel COFFINEAU
Secrétaire fédéral
Ancien Maire de Bouffémont
Ancien Député et Vice-Président de l’Assemblée Nationale
Hommages de Michel JAURREY & Michel COFFINEAU
« La disparition de Jean MAIRE, c’est le souvenir d’une période importante de notre histoire, celle de deux évolutions qui ont marqué à la fois le syndicalisme et le Parti Socialiste.
Car Jean a été un acteur, au cœur de ce renouveau syndical et politique.
Jean MAIRE succéda en 1961 à son ami Eugène DESCAMPS comme secrétaire de la puissante fédération CFTC de la Métallurgie.
Il participa activement à ses côtés à ce congrès de 1964 qui fonda la CFDT, un syndicalisme de transformation sociale optant à cette époque pour le socialisme autogestionnaire.
Cet engagement, Jean MAIRE le poursuit naturellement au Parti Socialiste qui vient de connaître son renouveau au congrès d’Epinay en 1971.
L’une des orientations majeures d’Epinay, c’est cette volonté d’ancrer le Parti Socialiste dans le monde du travail, avec la création des groupes et sections d’entreprises, avec l’accès aux responsabilités de militants issus du mouvement syndical. Ce fut un puissant levier de renouvellement qui changea l’image du Parti Socialiste.
Dans le Val d’Oise, avec Jean, de nombreux syndicalistes ,venant de toute la diversité syndicale, comme Jacques CHEREQUE, issu lui aussi de la fédération de la métallurgie, ancien ministre, Robert BONO, Jean LECUIR, Olivier ARNAL, Charlie SASSOT, Michel COFFINEAU, et bien d’autre encore, ont rejoint les rangs du PS.
Jean MAIRE a été notre Premier Secrétaire Fédéral de 1975 à 1979.
Il a marqué fortement l’Histoire du Parti Socialiste dans le Val d’Oise.
Jean était généreux, ouvert, respectueux de chacun.
C’était un travailleur infatigable qui affichait avec force ses convictions, qui avait la rigueur dans le travail, la méthode dans l’organisation, le souci du débat et l’exigence de tenir les engagements pris.
Dans ces années-là, nous étions de « jeunes » responsables fédéraux, Jean-Pierre BEQUET, moi-même et bien d’autres,
qui avons appris à ses côtés, avec en plus, comme trésorier fédéral, notre ami et regretté Raymond VAILLANT.
Cette période a sonné le renouveau du Socialisme, avec un Parti Socialiste qui incarnait à la fois l’unité, la confrontation des idées, l’action sur le terrain, un Parti Socialiste devenu le Parti du rassemblement de la Gauche pour la reconquête.
Jean MAIRE a incontestablement été un grand fédérateur de toutes ces énergies nouvelles qui ont permis au Parti Socialiste d’être en ordre de marche pour gagner en 1981.
J’ai eu l’honneur de militer à ses côtés.
Jean est un exemple pour nous tous, militantes et militants socialistes.
Je lui ai succédé comme Premier Secrétaire Fédéral en 1979, et notre amitié, forgée dans ses combats communs, est toujours restée intacte.
Merci camarade Jean MAIRE, notre ami.
Michel JAURREY
Ancien 1er Secrétaire fédéral
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